La commission Défense et Sécurité de l’Assemblée Nationale a lancé ce lundi 26 Octobre 2026, la première journée des travaux d’évaluation de l’état de siège instauré depuis cinq ans dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Cette séance de travail, organisée au Palais du Peuple, a notamment connu la participation du Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières Jacquemain Shabani LUKOO et de la Ministre d’État, Ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi.
Au cours de son exposé, Jacquemain Shabani a présenté les avancées enregistrées ainsi que les faiblesses persistantes de ce régime exceptionnel. Parmi les résultats positifs figurent la pression militaire exercée sur les groupes armés, la démobilisation de plusieurs combattants, la réouverture de certains axes routiers et le retour progressif des populations déplacées. Il a toutefois relevé la persistance de l’insécurité, l’insuffisance des effectifs et des équipements des forces de sécurité, ainsi que les difficultés liées au fonctionnement de l’administration territoriale.
Le Vice-Premier Ministre a également évoqué les opportunités et les menaces susceptibles d’influencer l’évolution de la situation sécuritaire dans les deux provinces.
Parmi les recommandations formulées figure notamment le rétablissement progressif de l’administration civile dans les zones suffisamment sécurisées, parallèlement au renforcement des capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité.
Prenant la parole à son tour, Ève Bazaiba a axé son intervention sur les conséquences sociales et humanitaires de l’état de siège. Tout en précisant que son ministère n’est pas directement chargé de sa mise en œuvre sécuritaire et opérationnelle, elle a souligné l’importance d’évaluer ses répercussions sur les populations vulnérables, notamment les personnes déplacées et les communautés affectées par les conflits. Elle a également présenté les données relatives à la situation humanitaire et aux interventions menées avec les partenaires dans les provinces concernées.
La Ministre d’État a, par ailleurs, insisté sur les difficultés d’accès humanitaire dans certaines zones de l’Ituri, où les tensions communautaires et l’activisme des groupes armés compliquent l’acheminement de l’assistance. Elle a également évoqué les défis liés à la gestion des sites de déplacés, appelant à des approches adaptées aux réalités locales, à une meilleure coordination des interventions et à un équilibre entre les impératifs sécuritaires, l’assistance humanitaire et la protection sociale.
À l’issue de ces exposés, les membres de la commission Défense et Sécurité ont formulé des observations et posé plusieurs questions aux deux membres du Gouvernement afin d’obtenir des éclaircissements sur les préoccupations soulevées.
S’exprimant à l’issue de cette première journée, le Président de la commission Défense et Sécurité Rubens MIKINDO a rappelé que les travaux se sont déroulés à huis clos. Il a indiqué que la commission attendait également les interventions du Vice-Premier Ministre en charge de la Défense nationale ainsi que du Ministre d’Etat,Ministre de la Justice et garde des sceaux avant de déterminer la suite du processus. Il a ajouté que d’autres auditions, notamment celles des gouverneurs des provinces concernées, pourraient être envisagées après concertation avec le bureau de l’Assemblée nationale.
Le président de la commission a précisé que l’évaluation devrait se poursuivre au cours de trois séances supplémentaires, avant l’élaboration d’un rapport destiné à être présenté à la plénière. C’est à l’issue de cet examen que les députés pourront se prononcer sur les recommandations à formuler concernant l’avenir de l’état de siège, récemment prorogé. Il s’agira notamment de déterminer s’il convient de maintenir le régime actuel, de le réqualifier ou d’envisager d’autres mesures adaptées à l’évolution de la situation sécuritaire en Ituri et au Nord-Kivu. Il a enfin souhaité que les travaux se poursuivent dans les meilleurs délai, idéalement avant la prochaine échéance de prorogation.
Après cinq années de mise en œuvre, cette évaluation parlementaire constitue une étape importante pour apprécier l’efficacité de l’état de siège, identifier ses insuffisances et dégager des recommandations concrètes en vue de renforcer la sécurité, de restaurer durablement l’autorité de l’État et d’améliorer les conditions de vie des populations de l’Ituri et du Nord-Kivu.
